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  • J'adore étudier le Horla de Maupassant. Je ne m'en lasse pas ! Il y a trois ans, j'ai fait un escape game dans ma classe. Les élèves incarnent les domestiques : ils ont une heure pour s'échapper de la maison en feu ! La salle est plongée dans le noir, seule l'incendie projeté au tableau éclaire la pièce. Une ambiance sonore effrayante plonge les élèves dans l'ambiance ! 

    J'ai fait quelques achats pour le jeu, j'espère pouvoir les réutiliser quand les conditions sanitaires seront meilleures. Voici les documents pour réaliser ce travail dans vos classes et quelques photos du jeu.

    J'ai fait le jeu en demi-groupe. Les élèves ont réussi pour la plupart. Enfin, ils ont réussi le jeu mais ils n'ont pas survécu pour autant ! La fin de la nouvelle est tragique : rien ne peut sauver le narrateur...

    Les élèves étaient un peu frustrés au départ car ils ont eu l'impression d'avoir "perdu" mais ils ont aimé la chute quand même ! Ils ne s'attendaient pas à être piégés ainsi ! 

    N'hésitez pas à me faire des retours si vous utilisez mon activité et pensez à citer vos sources si vous réutilisez mon travail ! Merci :) 

    Télécharger « Escape Game Horla 4e.pdf »


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  • Pour aider mes élèves à mieux rédiger leurs réponses, j'ai mis en place la méthode REP ( rien à voir avec les établissements prioritaires, REP comme réponse !). 

    Je montre aux élèves un diaporama ( qui est par ailleurs disponible sur ce site, partie méthodologie) et on le commente ensemble. Le texte qui sert d'exemple est un texte que je fais avec mes 6e en début d'année. 

    Les élèves recopient la première page du diapo ( ou je fais une capture d'écran de la première page et j'imprime). J'insiste sur le fait qu'on ne peut pas toujours faire apparaître les trois parties ( comme cela est montré dans le diapo-exemple) et j'explique aux élèves qu'il faut toujours adapter sa phrase à la question.

    A partir de cette méthode, je force les élèves à mettre en évidence les lettres qui correspondent à chaque partie de leur réponse. On peut définir un code couleur aussi : bleu pour le R, rouge pour le E, vert pour le P.  

    Quand je corrige les évaluations, si la réponse est incomplète, j'écris dans la marge la lettre qui correspond à l'erreur. A partir de cette méthode, je force les élèves à mettre en évidence les lettres qui correspondent à chaque partie de leur réponse. On peut définir un code couleur aussi : bleu pour le R, rouge pour le E, vert pour le P.  Quand je corrige les évaluations, si la réponse est incomplète, j'écris dans la marge la lettre qui correspond à l'erreur. 

    Pour la correction, je prélève des réponses incomplètes dans les copies  et je demande aux élèves de trouver ce qui ne va pas et de proposer une meilleure réponse ( je choisis en général les questions qui ont été ratées par plusieurs élèves comme ça je corrige le contenu de l'évaluation en même temps). 

    Pour les élèves qui ont des difficultés à reprendre les termes de la question et à introduire des citations, je donne des exercices de ce style : 

    Aux élèves qui ont bien compris la méthode, je propose d'approfondir la reformulation du texte et l'explication (E) ainsi que l'analyse des exemples.

    Vous pouvez télécharger si vous le souhaitez les affiches à mettre en classe : 

    Télécharger "Méthode REP"

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  • Avec ce petit cahier d'activités, partez à l'aventure pour devenir le héros que vous avez toujours rêvé d'être ! 

    Vous trouverez dans ce petit livre ludique des textes sur les monstres et des exercices pour progresser en français :  des exercices de vocabulaire, des questions de compréhension de lecture et une petite rédaction. 

    Voici l'introduction pour vous donner envie de tenter l'aventure :

    " Tu as lu bien des fois cette phrase : « Il était une fois... ». Cette phrase magique qui ouvre la porte à des personnages et des aventures extraordinaires. Enfant, tu rêvais de rencontrer le prince valeureux et la princesse parfaite. Toi aussi tu voulais affronter des monstres effrayants et fascinants et montrer ta valeur. Seulement voilà, tu es grand maintenant et tu es loin d'être un héros...

    Tu vis avec ta mère dans une vieille bicoque et tu ne sais rien faire à part pêcher...des algues ! Ta mère s'occupe de tout pour toi et tu ne sais même pas faire cuire un plat de haricots !

    Pire encore, tu as peur de tout et la moindre araignée te fait sauter au plafond. Un bon matin, ta mère décide qu'il est temps pour toi de devenir quelqu'un : elle te met à la porte et te met au défi de réaliser tes rêves d'enfants.

    Comme tu écoutes toujours ta maman (et que tu n'as pas vraiment le choix), tu décides donc de partir à l'aventure.

    Qui sait, tu reviendras peut-être chez toi en héros..."

     

    C'est une activité que j'ai pris beaucoup de plaisir à créer, j'espère qu'elle vous plaira ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire.

     

    Bon travail et bonne route ! 

     

     

    Télécharger « LDVELH Vaillant petit pêcheur.pdf »

    Télécharger « LDVELH Vaillant petit pêcheur.odg »

     

     


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  • Enseignants - Organiser un chocolat littéraire !

    Plusieurs fois par an, j'organise pour toutes mes classes un Chocolat Littéraire, avant les vacances en général. Cela permet de terminer la période en douceur et de donner une lecture plaisir pour les vacances . J'adore cette activité et, vous l'aurez peut-être compris, c'est elle qui a donné son nom à mon site ! Associer gourmandise et lecture, tout un programme ! 

    Le principe est extrêmement simple : Je travaille avec le documentaliste et nous faisons une sélection des livres que nous aimons et qui plaisent en général aux élèves. La séance se passe au CDI et dure une heure.

    Les élèves sont confortablement installés sur des petits coussins, poufs, chauffeuses. Ou par terre si on a la chance d'avoir une belle moquette au CDI. Chacun choisit une position qui lui plait. 

    Nous présentons chacun notre tour des livres : l'objectif est de donner envie aux élèves donc je n'hésite pas à mettre en scène mes présentations, lire des passages que j'aime, créer un suspense en livrant quelques éléments de l'intrigue...

    Environ 20 minutes avant la fin de la séance, les élèves font leur choix et chacun repart avec un livre. 

    Et le chocolat dans tout ça ? 

    Pendant la séance, j'offre à chacun des chocolats. Il faut nécessairement que ce soient des chocolats emballés et il faut informer les parents à l'avance que nous allons faire ça. Il faut s'assurer qu'il n'y a pas de contre indications médicales chez nos élèves. Ce n'est pas une grosse contrainte : en général, les élèves qui ne peuvent pas manger de chocolats le savent. Quand c'est le cas, je prévois autre chose pour les élèves concernés. 

    Il m'est déjà arrivé de servir du chocolat chaud aux élèves. C'est encore plus convivial mais c'est toute une organisation : je le fais si j'ai un peu de temps avant ( une récréation par exemple) et je réquisitionne deux ou trois élèves pour m'aider. 

    En ce moment, avec le protocole, on évite le chocolat chaud. On glisse simplement le petit chocolat sous le masque et voilà. 

    Bien évidemment, avant chaque séance de Chocolat Littéraire, je demande l'autorisation du chef d'établissement ( je lui dis qu'il peut venir manger des chocolats lui aussi, ça aide à le convaincre :D) 

    La sélection des livres 

    Pour donner envie aux élèves de dévorer des livres il faut qu'ils soient appétissants ! Je ne présente que des livres que j'ai lus et aimés ou que je connais bien de réputation. J'ai ma petite sélection de chouchous qui marchent à tous les coups ! Je choisis des livres pour tous les niveaux, il y en a pour tous les goûts ! Il m'arrive même de proposer des BD adaptées de romans pour les plus petits lecteurs. 

    Parfois il y a un thème : l'autobiographie, les romans d'amour, la ville, la science-fiction... cela dépend de la séquence en cours. J'utilise pour cela mes listes de lecture. 

    Mais parfois il n'y a pas de thème. En octobre par exemple, les élèves ont pu choisir des oeuvres de tout genre et de thèmes très différents. Ce n'était pas lié à une séquence, c'était vraiment que pour le plaisir. 

    Cette année, ma collègue documentaliste a disposé la sélection sur des tables : les livres étaient classés par thèmes et sur chaque livre il y avait un post-it avec quelques mots clefs. Cela a beaucoup aidé les élèves dans leur choix. 

    Petits détails pour l'organisation

    La deuxième partie de séance peut être un peu bruyante et parfois brouillon : il arrive que des élèves se disputent un livre ; d'autres sont perdus et ne savent pas quoi choisir. Il y a aussi ceux qui prennent un livre sans s'inscrire dans les registres ( on ne sait donc pas qui a quoi). Il arrive aussi que la réserve de chocolat soit pillée pendant que je suis occupée... 

    Pour éviter ces petits désagréments, il faut bien cadrer les choses au départ et s'organiser. 

    Je prends toujours quelques minutes à chaque étape de la séance pour expliquer le fonctionnement et les règles. Ca parait évident mais quand on est dans le vif de l'action on a tendance à oublier les règles élémentaires ! 

    Lorsqu'un élève a choisi un livre : 

    - il doit s'inscrire auprès de la documentaliste si c'est un livre du CDI ou auprès de moi si le livre provient de ma réserve personnelle 

    - il s'installe dans un coin du CDI pour commencer sa lecture en attendant la sonnerie. 

    Si deux élèves veulent le même livre : ils doivent négocier entre eux avec calme et bienveillance ! Il y aura d'autres occasions de prendre ces livres. 

    Parfois j'organise des séances d'échange de livres au retour des vacances. Cela fonctionne bien. Si je fais le projet Père-Noël secret, les élèves peuvent émettre un voeu précis : c'est l'occasion de demander au Père-Noël le livre qu'ils n'avaient pas pu avoir au Chocolat Littéraire. 

    Si un élève se rend compte en lisant qu'il a fait un mauvais choix, il peut le changer sans aucun problème. Le but est d'aimer ce qu'on lit ! 

    La restitution de lecture

    Mes élèves ont un cahier de lecteur.Je leur laisse en général 3-4 semaines pour lire. Si c'est un livre à lire pendant les vacances, je laisse toujours un peu de temps avant et un peu de temps après. 

    Si l'élève n'a pas fini son livre au moment de rédiger le cahier, il peut très bien le faire quand-même, en précisant qu'il n'a pas fini. Cela n'empêche pas de donner son avis. Dans ce cas-là, je demande de formuler des hypothèses sur la fin de l'histoire. Ca ne me dérange pas que l'élève finisse en décalé : l'objectif est vraiment que les élèves prennent du plaisir à lire. Si cela leur prend plus de temps ce n'est vraiment pas grave. 

    J'adore lire les compte-rendu, surtout si j'ai lu moi-même le livre. Cela me permet d'échanger avec l'élève et de partager mes impressions aussi. C'est toujours un beau moment de partage. 

    Le Chocolat Littéraire est vraiment un moment convivial centré sur le plaisir de lire et d'être ensemble. C'est un séance très appréciée par les élèves ( et un outil de pression pour moi aussi parfois : ils savent que je ne le fais qu'avec les classes sympathiques !).

    J'espère vous avoir donné envie d'en organiser pour vos classes ! 

     

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  • Il y a quelques années, la documentaliste de mon collège avait imprimé des étiquettes cadeau pour Noël. Les élèves pouvaient « offrir » un livre du CDI à leur famille. J’avais adoré l’idée du livre-cadeau.

    Depuis j’ai expérimenté plusieurs fois le projet «  Père-Noel ». L’objectif est de choisir un livre pour un camarade et de lui « offrir » avant les vacances de Noël. J’ai fait ce projet avec des 6e plusieurs années et cette année ce sera avec des 3e. Je me dis qu’avec l’année chargée qu’ils ont et le programme assez morose, ça ne leur fera pas de mal de mettre un peu de paillettes dans leur année !

    Il y a plein de façons de mener ce projet et je ne le fais pas tout à fait de la même façon cette année. Chacun peut adapter l’idée à ses classes et ses envies. Voici comment je vais m’organiser cette année. Je vous donne le planning détaillé pour que ce soit plus concret.

    Vendredi 19 novembre : présentation du projet. Chaque élève va être le « Père-Noel » d’un autre élève. Il va falloir choisir un livre, le lire et l’offrir. Le livre reçu avant les vacances devra être lu pour mi-janvier. J’ai fait un petit diaporama rigolo avec la musique de Noël. Ça a beaucoup plu aux élèves même si la perspective de lire deux livres en 7 semaines ne correspond pas à leur vision du « cadeau idéal » !

     

    C’est moi qui désigne les Père-Noel de chacun. Comme je veux que chacun lise le livre qu’il offre, je veux qu’ils apprécient leur lecture et qu’ils choisissent un livre qui correspond au profil de lecteur de chacun. Pour connaître leurs goûts et les aider dans leurs choix, les élèves ont rempli un petit questionnaire. Cela me sert de base pour faire les « binômes ».

    Travail d’écriture pour la prochaine séance : rédiger la lettre au Père-Noel : il s’agit d’écrire une lettre en respectant les codes du genre. Il faut se présenter, parler de ses goûts de lecteur et demander au Père Noël un beau cadeau ( l’occasion pour eux de s’amuser avec les codes de la « lettre au Père Noël » et de retomber un peu en enfance aussi !). Cette lettre doit être joliment présentée et décorée ( le but du projet est aussi de se faire plaisir et de faire plaisir aux autres). On peut aussi ajouter des dessins ou des friandises pour le Père Noël dans son courrier si on le souhaite !

    Semaine du 21 novembre : Je vais distribuer à chaque élève son enveloppe « mission ». Celle ci contiendra : le nom de l’élève à qui il faut offrir le livre, la lettre et le profil de lecteur, les consignes concernant les prochaines étapes du projet ( choses à faire et calendrier). Cette séance se déroulera en demi groupe, au CDI avec l’aide de ma collègue documentaliste. Nous avons dressé une liste de livres en fonction de ce que nous avons lu dans les profils de lecteur.

     Télécharger le courrier "mission"

    Le coin des enseignants : Le Pere-Noël secret

     

    Lundi 13 décembre : les élèves devront avoir lu le livre qu’ils ont choisi. Ils le rapportent en classe, emballé dans un petit paquet cadeau. Je leur ferai écrire en classe une deuxième lettre. Ce sera la réponse du père noël à la première lettre. Il faudra remercier pour la lettre, présenter le cadeau choisi et formuler ses vœux pour les fêtes. J’aimais beaucoup lire les lettres des 6e, c’était toujours très émouvant. Je pense que celles des 3e seront très belles aussi ! Je récupère les lettres, je les corrige vite vite et ils mettent en forme pour le jeudi qui suit. Je mets à disposition des élèves une caisse pleine de papiers de couleur, d’enveloppe et de décorations en tout genre.

    Jeudi 16 décembre : les élèves apportent leur carte de voeux et peaufinent leurs paquets. Il faut prévoir les retards, les absents et les oublis aussi. J’ai toujours des livres en stock et de quoi écrire des lettres au dernier moment ! Pour que personne ne reparte sans rien le vendredi.

    Vendredi 17 décembre : j’utilise le sapin installé dans le collège pour faire la cérémonie de remise des paquets. Cette année il y a même un dress code : on essaie de mettre une tenue festive ( si possible). Je pense que le chapeau de Mère-Noël sera de sortie ! Je dispose tous les paquets sous le sapin et chacun reçoit le sien. C’est un moment que j’adore ! Les élèves ont les yeux qui brillent c’est trop beau à voir.

    Quand chacun a reçu son paquet, on se rend au CDI pour l’ouvrir et découvrir la lettre et le livre. Cette année les élèves découvriront aussi qui est leur Père Noël secret : en théorie, ils ne doivent pas se révéler avant ! j’attends de voir, je n’y crois pas trop ! Un élève de la classe a promis des chocolats pour tout le monde ( «  et même pour la prof ») si une certaine fille de la classe arrive à garder le secret.  Le challenge est lancé ! 

    Pendant la séance du 17, les élèves commencent aussi à lire tranquillement. J’apporterai des chocolats aussi bien sûr ! :) 

    Le livre reçu doit être lu pour le 14 janvier. 

     

    Voilà, j’espère que ma « petite » description vous a donné envie de vous lancer. Le genially est réutilisable n’hésitez pas à le reprendre à votre sauce ! Et racontez moi votre expérience si vous aussi vous vous lancez dans l’aventure du Père-Noel secret ! 

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  • Pour mes 3e : articles à consulter pour faire le DNB de langue sur le texte de Rousseau. 

    les expansions du nom 

    - les compléments de verbe : ici et ici 

    - types et formes de phrase  : ici et ici 

    les fonctions de l'adjectif qualificatif 

    l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir. 

     

     


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  • Aujourd'hui j'ai présenté à mes élèves deux nouvelles mascottes pour la classe : des petits poulpes réversibles trop mignons qui ont fleuri un peu partout cet été sur les étals des marchés ! 

     Enseignants - "Joker"

    Au-delà de son look à croquer, ce petit poulpe  jaune et orange va avoir son utilité dans la classe. Pour le moment il trône au dessus de mon bureau, juste à côté du tableau  : il sourit et nous met du baume au coeur.  A tout moment, la classe peut décider d'invoquer son poulpe "Joker". On le retourne sur le côté "triste" ( mais pas moins kawaï) et on ne fait pas "cours" ce jour-là. Ce sera une séance réservée à la lecture offerte par exemple. Une heure de lecture durant laquelle les élèves pourront se mettre dans une positon confortable et reprendre des forces pour la suite de la journée ( ou finir la journée en douceur). 

    Mais attention ! Ce n'est pas la porte ouverte aux caprices des élèves, il y a des règles : 

    - la classe ne peut invoquer son Joker qu'une seule fois par période, 

    - il doit y avoir un consensus : tout le monde doit être d'accord

    - ça ne doit pas être un jour de contrôle ( parce que les évaluations peuvent être décalées à l'avance s'il y en a trop dans la journée/semaine, ça ils le savent). 

    J'aime bien l'idée d'une unité, d'une cohésion de classe. Il y a des jours où ils ne sont pas aptes à travailler et ou l'on bataille pour les faire avancer. A la fin, personne n'est satisfait et souvent ce sont des séances pleines de tensions. Et, avouons-le, écouter un livre c'est toujours du travail - mais chuuuuut ça il ne faut pas leur dire ;) Décider ensemble ça permet de communiquer, de partager et de se sentir membre d'une équipe. 

    J'aime aussi le message qui se cache derrière aussi : on a le droit de ne pas être en forme tout le temps. On a le droit de demander une pause et de l'exprimer, d'échanger sur son ressenti avec ses camarades et son professeur.

    Et puis, comme moi aussi, je ne suis pas un robot, j'ai aussi mon petit poulpe Joker. Parce que nous aussi on a le droit de ne pas se sentir toujours d'attaque ! Il y a des cours comme ça où je suis épuisée, excédée par une séance trop bruyante ou qui n'a pas fonctionné et j'ai envie de quelque chose de doux et de calme : je n'exclus pas une séance de relaxation collective ! 

    Les élèves étaient doublement ravis : ils adorent ces petits poulpes trop mignons et ils étaient vraiment surpris par cette proposition. Ils se sentent aussi investis d'une grande mission et je ne pense pas qu'ils gâchent leur joker. Comme dit le héros préféré de mon fils " Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités". En attendant de l'invoquer, ils ont une mission : donner un nom à leur mascotte. Un nom par classe, à choisir tous ensemble. Les débats vont être enflammés ! 

    Ce qu'ils ne savent pas c'est que de toute façon les temps de lecture sont prévus dans mon programme :p J'ai plein de belles pépites à leur lire et j'adore jouer les conteuses ! J'ai hâte qu'ils sollicitent leur petit poulpe ! 

     

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  • J'avais préparé ça pour mes élèves de 4e-3e au printemps mais avec le COVID, le confinement et les jauges nous n'avons pas pu exploiter correctement ce cahier. Je le redonnerai cette année. A faire  en classe ou à la maison, seul ou à plusieurs : à vous de voir ! 

     

    Télécharger « Cahier d'écriture poétique.pdf »

     


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  • J'ai commencé l'année avec l'objet d'étude "Visions poétiques du monde" avec l'étude de Comment Wang-Fô fut sauvé, oeuvre dans laquelle les sens ont une place prépondérante. En cursive, j'ai donné La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Delerm. J'enchaîne avec l'autobiographie et notamment la lecture de la fameuse madeleine de Proust. J'avais donc envie de faire écrire les élèves autour des 5 sens ( d'autant qu'il n'est pas rare qu'il y ait une question sur ce thème au brevet). 

    Voici donc un petit cahier d'écriture que nous remplirons en classe. C'est un mélange d'écriture autobiographique et de coaching bien-être. J'ai envie de profiter de cette séquence sur l'autobiographie pour que mes élèves se recentrent sur eux et ce qui les rend heureux (surtout en cette période d'incertitude et d'angoisse permanente). 

    En parallèle les élèves préparent leur "dossier moi" qu'ils rendront début novembre.

    Le fichier sera imprimé en noir et blanc sous forme de livret. J'envoie le PDF couleur aux élèves pour qu'ils impriment en grand format et en couleur s'ils le souhaitent. 

    Lien vers le fichier 

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  • Puisque mes élèves de 4e ont adoré l'enquête autour du réalisme, j'ai fait une version 3e pour commencer la séquence sur l'autobiographie. 

    Les élèves sont en îlot, par groupe de 4. Chacun a un rôle grâce aux cartes rôles qui définissent aussi les groupes de façon aléatoire. 

    Le "chercheur" va chercher les missions disposées sur une table. 

    C'est l'occasion aussi de leur faire choisir un livre à lire à la maison. J'ai donné une liste de lecture avec des mots clefs : cette liste va aussi aider les élèves à réfléchir aux différents thèmes et formes de l'autobiographie. 

    Télécharger « Liste de lecture récits autobiographiques.odt »

    Télécharger « 3e- Enquetes sur les représentations de soi.pdf »

     

    Organisation de la séance : 

    - L'objectif : comprendre les caractéristiques et les enjeux de la représentation de soi dans les arts pour pouvoir remplir une carte mentale de synthèse à la fin de l'enquête. 

    - Pour cette enquête j'ai imposé un ordre à suivre pour les missions ( deux ordres différents pour éviter d'avoir trop de photocopies/plastifications à faire). Les missions sont liées les unes aux autres et chacune permet d'avancer la réflexion. 

    - Le "scribe" du groupe prend des notes au fur et à mesure : ces notes doivent être claires pour pouvoir être réutilisées au moment de la synthèse. Ils peuvent faire des cartes mentales aussi ( pour la mission peinture par exemple ça s'y prête bien).

    - Les élèves font appel à moi ( avec le tétra-aide) pour valider les missions. Je complète leur carte ilot ( 1 ou 2 points par mission). C'est l'occasion d'approfondir avec chaque groupe et de faire des mini-cours particuliers. J'aime beaucoup ces moments d'échange : les élèves se sentent vraiment concernés puisqu'ils sont que 4 face à moi. 

    - Lorsque tous les groupes ont terminé nous prendrons un temps de synthèse collective pour compléter la carte mentale. 

    Elle est ici

    - Je donnerai aux élèves un dossier avec les textes et les tableaux pour qu'ils gardent une trace. Ils pourront notamment s'en servir pour l'oral du brevet s'ils le souhaitent. 

    - La séance prend du temps mais la séquence sera déjà bien avancée. Et surtout les élèves sont contents de travailler et s'investissent vraiment donc ça vaut le coup. 

    En complément, il y a un petit cahier d'écriture à remplir pendant la séquence ( essentiellement en classe lors de moments détente entre deux heures ou en fin de journée). Les élèves feront aussi leur dossier "moi" à faire à la maison pendant les vacances et en lien avec les activités faites en classe ( il faudra par exemple faire son autoportrait-robot).

    N'hésitez pas à utiliser cette séance ou à vous en inspirer ! Faites-moi un retour si vous utilisez mon travail, cela me fait toujours plaisir ! 

     

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  • Dictées audio pour mes 3e :

    Cliquez sur votre niveau et faites la dictée en suivant la méthode habituelle (saut de lignes, repérage...). Faites les exercices de révision préalables et les exercices de prolongement également. 

    -Niveau 1/2

    Niveau 2/3

    Niveau 3 

    Niveau 4 

    PS : Rien ne vous empêche de faire plusieurs dictées :D 


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  • Classes de 4e : 

    Lien vers les nouvelles à lire : cliquez ici.

    Vous pouvez lire des choses en plus et consigner vos lectures sur le cahier du lecteur. cela sera évalué en bonus. 

     

    Classes de 3e

    - Lien vers la leçon de grammaire G1 : cliquez ici

     


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  • J'ai mis du temps à me décider à fonctionner en îlots. Comment limiter le bruit ? comment être sûre que les élèves travaillent vraiment ? et les équipes on les forme comment ? Que faire de ceux qui n'ont pas de copain avec qui travailler ? et de ceux qui font le bazar dans leur groupe et attendent que ça se passe ? Toutes ces questions m'ont longtemps freinée mais il a fallu que je me rende à l'évidence : mes élèves sont passifs, de plus en plus passifs. Ils ont besoin d'être en action ! Plus jamais de séance de grammaire le lundi de 16 à 17h devant 29 gamins qui attendent que ça se passe ! Et moi qui gesticule dans tous les sens et qui prend une voix tout enjouée pour leur donner de l'entrain " Allez, on y va c'est parti ! on analyse les fonctions dans la phrase ! youpi !".. Plus jamais ! 

    Les élèves adorent travailler ensemble. Le travail en équipe ça a un goût de liberté et ensemble on est toujours plus fort.

    "Tout seul je vais vite, ensemble on va loin, l'esprit d'équipe comme un refrain. " comme le dit un slam de Grand Corps Malade ! 

    Poussée par les publications de mes collègues sur les réseaux et après quelques lectures je me suis lancée et j'ai créé des outils qui me correspondent et qui me ressemblent. Voici quelques pistes pour vous aider à vous lancer à votre tour ! 

     

    Comment constituer les équipes ? 

    C'est l'éternel dilemme : laisser les élèves choisir ou imposer des équipes. Il y a des avantages et inconvénients :

    - Les groupes formés par affinité motivent les élèves car ils se sentent à l'aise. Ca permet aux élèves timides en groupe-classe de se sentir plus en confiance. Mais le problème est double : d'une part on a rapidement des groupes de niveau surtout s'il y a des points à gagner. De plus, ça me fait toujours beaucoup de peine de voir des élèves à part, que personne ne veut jamais intégrer. Ca finit toujours avec un groupe d'esseulés, qui n'ont pas choisi d'être ensemble et qui se sentent rejetés. J'ai déjà vu des élèves en larmes... 

    - Les groupes imposés par le prof ça permet de faire des groupes hétérogènes ou homogènes selon les besoins et les compétences à travailler. C'est pratique et le prof peut ainsi éviter de mettre des copains bavards ensemble. Mais ça peut donner lieu à des contestations, des frustrations...

    Cette année j'essaie un entre-deux : les équipes formées au hasard. J'aime bien l'idée parce que ça donne la chance aux élèves de travailler avec tout le monde. Ca favorise la cohésion de classe. Je pense qu'en cours d'année je donnerai la possibilité aux élèves de former, au moins partiellement, leurs équipes. Je vais voir au fur et à mesure. J'étais assez contente de ces premiers groupes formés au hasard. 

    Pour la mise en place des groupes c'est mon mari qui m'a sauvée ( le pauvre, je lui parle de mes cours toute la journée ^^). Il est revenu de formation avec une brillante idée : un jeu de 7 familles pour répartir les élèves au hasard ! J'ai récupéré l'idée en y mettant ma patte : j'ai créé des familles d'écrivains. Ca permet à la fois de faire des équipes au hasard, de distribuer les rôles au sein de l'équipe et  de faire un peu de culture générale. 

     

    Le jeu des 7 familles 

    En vérité il y en a 8 parce que je n'arrivais plus à m'arrêter ^^Chaque famille est composée de 6 écrivains pour les 6 rôles à distribuer au sein d'une équipe. Cela a été vraiment difficile de choisir. J'ai essayé de choisir en fonction des oeuvres et textes vus au collège. 

    Sur le recto on trouve le nom de l'auteur et une image, le nom de la famille littéraire, et le rôle que l'élève doit endosser dans son groupe ( je détaille juste en dessous). Au verso on trouve quelques éléments sur la vie et l'oeuvre de l'auteur. 

    Merci infiniment aux collègues des différents groupes Facebook pour leur aide précieuse dans la rédaction des notices bibliographiques ! 

    J'ai imprimé en recto verso, plastifié et découpé le tout. Je distribue une carte à chaque élève au moment d'entrer en classe. Sur chaque îlot est placée une carte de la famille pour permettre aux élèves de savoir où s'asseoir. Les groupes restent les mêmes pendant un mois environ ( j'explique comme cela fonctionne dans le paragraphe concernant les cartes îlots). 

    Les élèves prennent le temps de prendre connaissance de l'auteur et du rôle qu'ils doivent incarner. C'est rigolo de les entendre s'appeler par leur nom d'auteur ^^ De temps à autre, je passe poser des questions sur leur auteur et si la réponse est juste je donne un petit bonus sur la carte îlot.

    Lien vers les cartes rôle  

    Si vous réutilisez mon travail, merci de ne pas oublier la source. Cela représente beaucoup de travail, il mérite d'être respecté. Merci ! 

     

    Les différents rôles

    J'ai passé pas mal de temps sur la toile pour regarder les différents rôles utilisés par les collègues. J'ai fait ma petite tambouille et défini 6 rôles : 

    Il y a 4 rôles que je distribue à chaque fois : 

    • Maitre du temps → il lit les consignes et fixe les priorités, organise le travail du groupe, manipule les sabliers, s'assure que le travail est terminé dans le temps imparti. Ce rôle permet de travailler les compétences d'organisation, essentielles pour être efficace ! 

    • Juge de paix → il distribue la parole pour que tous les membres s'expriment, s'assure que les membres de l'équipe s'écoutent et se respectent. s'assure de la bonne cohésion du groupe, empêche les discussions de s'envenimer, peut alerter le professeur si la médiation entre pairs est impossible. Les élèves aiment beaucoup ce rôle là, ils se sentent tout-puissants ! Ils se sentent aussi investis d'une grande mission. Jusque là je n'ai pas eu besoin d'intervenir dans un groupe. 

    •   Garant de réussite → il s'assure que tout le monde est au travail, surveille le bruit dans le groupe, transmet au professeur les questions du groupe (après concertation), manipule le Tétra'aide. Pour le moment le niveau sonore est vraiment acceptable ; j'ai une classe sur les 4 qui est plus bruyante mais un petit rappel à l'ordre et on repartis pour 10 minutes de silence. Je m'amuse à leur faire faire des exercices de chuchotement ( je dis une phrase et tout le monde doit la répéter en chuchotant). Vendredi ma classe bruyante est arrivée tellement agitée que j'ai fait cours en chuchotant pendant une heure entière. Bizarrement ça leur a beaucoup plus, ils en redemandent ! 

    • Chercheur → il vérifie les réponses dans la leçon, peut prendre les dictionnaires, peut se déplacer pour prendre des outils, fait des recherches pour le groupe si besoin. C'est le chercheur qui va prendre les missions lorsque l'on fait des séances "enquête" et il a le droit d'aller sur l'ordinateur de la salle aussi. Ce rôle plait énormément aux élèves. Il permet de travailler les compétences d'organisation et d'efficacité : faire une recherche n'est pas si facile que ça ! 

     

     

    Il y a aussi deux rôles que je distribue en fonction des besoins : 

    • Orateur : fait le compte-rendu de travail du groupe devant la classe. Ce n'est pas un rôle qui plait trop celui-ci car souvent ils ont honte de passer devant tout le monde. En début d'année, l'orateur peut avoir un assistant qui fait acte de présence devant le tableau. Cette présence rassure nos petits orateurs timides ! 

    • Scribe : il note les informations validées par le groupe, organise les informations pour que le rendu soit clair et ordonné, soigne le style de l'écriture et la présentation. Ce rôle est hyper important, surtout en 3e et je suis assez impressionnée de voir que certains élèves sont déjà très à l'aise avec la prise de notes. Certains organisent déjà toutes leur prises de note sous forme de carte mentale ! Chapeau à mes collègues qui ont formé mes élèves à cet exercice difficile ! Si le scribe a une écriture illisible ( cela arrive de plus en plus souvent je trouve), il peut changer de rôle.  

    Il faut bien sûr expliquer aux élèves que non il ne faut pas passer une heure à regarder sa montre ou lire le dictionnaire. Ils n'ont pas le droit d'échanger leurs rôles : l'idée est chacun remplisse chaque rôle dans l'année pour travailler toutes les compétences et découvrir ses points forts et ses points faibles. 

    Enseignants - Kit du travail en équipes.

     

    Enseignants - Kit du travail en équipes.

    Les cartes d'îlot

    Pour motiver les élèves et les pousser à être bien silencieux, je distribue une petite carte à chaque équipe. Je n'invente rien, je me suis inspirée des cartes de notre super collègue de la Légèreté des lettres  ( cliquez ici). Les groupes changent dès qu'un ilot obtient 20/20. 

    Cette carte fonctionne super bien ! Les élèves sont hyper motivés et veulent à tout prix gagner des points ! J'ai encouragé mes élèves à me signaler les élèves méritants de leur équipe : un élève qui fait particulièrement bien avancer le groupe, un copain qui d'habitude n'est pas trop motivé mais qui a fait beaucoup d'effort, un scribe particulièrement performant qui fait gagner du temps à l'équipe... C'est vraiment trop mignon de les voir arriver tout penauds à la fin de l'heure pour me demander de mettre un bonus à untel ou untel, surtout quand je sais par ailleurs qu'ils ne sont pas amis. J'aime vraiment cet esprit de camaraderie et de solidarité. 

    Le fonctionnement de l'îlot bonifié me plait énormément parce que personne ne se sent lésé. Ceux qui ne travaillent pas sont jaloux de leurs copains qui avancent plus vite et ça leur donne envie de faire des efforts. Celui qui travaille pour deux est bien content de savoir que ses efforts sont pris en compte et qu'il n'y a pas d'injustices. 

    Cliquez ici pour accéder au téléchargement 

    Je créerai régulièrement des nouveaux design de cartes pour le plaisir :) 

    Le tétra-aide 

    J'ai repris ce petit tétraèdre bien connu sur Internet et j'ai pris la version qui intègre le logo "ordinateur" pour indiquer les problèmes techniques. Il n'y a pas un tétraèdre par personne mais un par îlot. Je trouve que c'est suffisant pour les travaux que je mène pour le moment. 

    J'adore fonctionner avec ces tétra-aide ! C'est vraiment pratique, ça limite le bruit et les élongations du bras de certains !  Il y a encore des élèves qui restent 5 minutes le bras en l'air, tétra-aide en main mais ça va leur passer ( j'espère!). J'aime aussi l'idée que ça pousse les élèves à prioriser et à définir leurs besoins. 

     

    Deux fiches méthodes 

    Ces fiches sont imprimées recto verso, plastifiées et déposées sur les tables ( une fiche par îlot). 

    - Une fiche " travailler en équipe" : 

    Télécharger « méthodologie autonomie.pdf »

     

    - Et un petit montage de deux images que j'ai trouvées sur Internet : Télécharger « tuteur tutoré.pdf »

    Voilà, j'espère que ce long article vous aura donné envie de vous lancer dans les îlots et vous aidera à débuter dans cette belle aventure. Je ne suis encore qu'aux balbutiements et je vous invite à suivre mes collègues qui partagent beaucoup leurs outils et leurs idées brillantes : lalegeretedeslettresflaubertandco, uneprofaupaysduflexiblelabandeabaudelaire. Merci à elles d'être une source constante d'inspiration :) Le temps manque pour exploiter toutes les belles idées que l'on trouve dans notre jolie communauté de profs enthousiastes ! 

    Bonne chance à tous ceux qui veulent se lancer dans l'aventure des îlots ! Faites-vous confiance et faites confiance à vos élèves, tout ira bien ! :) 

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  • Cela fait des années que je propose aux élèves un diaporama pour présenter le réalisme dans les arts : je leur montre des affiches de film, des tableaux, des sculptures. Ils font des remarques et disent si les oeuvres sont réalistes selon eux ( sans définition préalable). Je note leurs observations au tableau au fur et à mesure et à la fin de la séance ils font une synthèse. Nous complétons au fur et à mesure de la séquence grâce aux textes de Maupassant. Après cette séance d'introduction, nous étudions Aux champs dans le détail. La Parure est lue à la maison et étudiée en classe sous forme de parcours de lecture. D'autres nouvelles de Maupassant sont données en lecture cursive. 

    Cette année, j'ai eu envie de faire cette séance en autonomie pour introduire les groupes et m'assurer que tous les élèves s'investissent. J'ai donc adapté mon diaporama pour créer une grande "Enquête" au cours de laquelle les élèves ont découvert le courant réaliste. 

    Mise en place :

    Des enveloppes "mission" sont disposées sur le bureau :   les élèves les prennent au fur et à mesure. Seul un élève par groupe est autorisé à se déplacer.

    L'ordre des missions importe peu (sauf pour la mission finale qui doit être faite en dernier). Cela évite de tout imprimer en 29 exemplaires ( chaque élève a sa propre carte mentale par contre). Les feuilles sont plastifiées et les élèves écrivent dessus avec un feutre effaçable. Pour que tous les élèves puissent voir les fiches, il faut prévoir que chaque groupe prend deux fiches missions identiques en même temps ( sinon deux élèves lisent la mission et les autres attendent...). Il faut prévoir une quantité suffisante d'exemplaires de chaque mission pour éviter qu'un groupe se retrouve sans rien ! ( j'ai imprimé 10 exemplaires de la mission lecture par exemple car c'est la plus longue). 

    Enseignant - Les élèves mènent l'enquête ! ( séance d'introduction au réalisme)

    Voici le tableau des missions et mes objectifs pédagogiques : 

    La mission finale est une carte mentale à compléter (à télécharger ici). Pour la mission BONUS, je demanderai aux groupes qui terminent en premier d'écrire un paragraphe de synthèse à partir de leur carte mentale. Je m'en sers pour proposer une leçon "classique" à la classe ( que je tape pour gagner du temps). 

    Télécharger « ENQUETE objectifs + films.pdf »

    Cliquez ici pour télécharger le document en format PDF 

    Cliquez ici pour accéder à la version modifiable des activités ( pensez à dupliquer le canva avant de le modifier ! merci). 

    Comptez 4h pour mener à bien cette activité et faire un retour collectif sur la carte mentale finale. Cela prend du temps mais ça vaut le coup ! La séquence sera déjà bien entamée ! Les élèves ont adoré ce travail et me réclament d'autres activités de ce genre ! J'ai adoré les voir réfléchir et construire leur définition du réalisme. Remplir la carte mentale a été vraiment facile pour la majorité des groupes ; ils ont vraiment bien compris les caractéristiques du réalisme. Je suis vraiment satisfaite de cette première expérience de " Les élèves mènent l'enquête" qui ne sera sans doute pas la dernière ! 

    Si vous utilisez mon travail n'hésitez pas à me faire des retours, cela m'intéresse beaucoup ! 

     

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  • Aujourd'hui, grande ébullition chez mes 4e ! Nous avons fait un jeu concours avec un petit cadeau à la clef ! 

    J'ai craqué hier chez Action sur les petits carnets Disney à spirales. Parfaits pour faire de beaux cahiers de lecteurs et/ou d'écrivain l'année prochaine ! Un cadeau super chouette et pas cher en plus : 1 euro 79 ! Allez, c'est parti ! Mais il fallait bien trouver une excuse pour leur faire gagner un petit lot ! 

    J'ai donc réutilisé le superbe Genially qu'une collègue a très généreusement partagé sur Facebook. Merci beaucoup à elle ! C'est un quizz Disney sur les figures de style. 

    A l'origine, le jeu était conçu pour être fait à distance avec des lycéens. Je l'ai adapté à la Toussaint pour mes 3e avec quelques phrases en moins (et quelques Disney en plus parce que préparer ses cours en écoutant des chansons Disney c'est un plaisir que je ne me refuse pas!).

    Voici la version diaporama présentée aux 3e. J'ai donné aux élèves les phrases sur feuille pour qu'ils gardent une trace. Ils ont adoré l'exercice mais c'était quand même un peu dense ( mais je n'arrive pas à me résoudre à enlever des chansons !). 

     

    Pour mes 4e, j'ai fait une version plus courte et une version QCM pour pouvoir faire le jeu concours. Nous avons travaillé les figures de style tout au long de l'année et ce jeu était une bonne occasion de faire le point sur tout ce qui avait été vu. Je leur ai distribué une leçon assez classique avec des exemples comme synthèse de l'année. 

    Le but du jeu était de finir les 20 questions le plus vite possible ! Le petit truc qui les a bien embêtés c'est que s'ils se trompaient ils revenaient au début ! Il fallait donc réfléchir, lire la leçon et s'appliquer pour ne pas se tromper.

    La séance a super bien fonctionné ! Les élèves étaient hyper concentrés et ont beaucoup utilisé la leçon. Ils n'ont pas cliqué n'importe comment ; au contraire parfois ils n'osaient pas cliquer ! C'était rigolo d'entendre les réactions quand l'un d'eux se trompait et devait tout recommencer ! J'ai adoré les regarder faire et les voir chanter et danser en silence en lisant les paroles !

    J'ai été contente aussi parce que le jeu a duré 20-25 minutes. J'avais peur que les meilleurs élèves finissent en cinq minutes et qu'il n'y ait pas de réelle compétition. Mais ça a été super, et pourtant il y a beaucoup d'hétérogénéité dans la classe.  La peur de se tromper et de perdre du temps a vraiment poussé tout le monde a vérifier à deux fois avant de se lancer ! Je pense que l'apprentissage a été efficace !

    Deux élèves ont fini exactement au même moment, à deux endroits opposés de la salle ( par chance j'avais prévu deux carnets ;) ). Les autres élèves ont fini dans les cinq minutes qui ont suivi. Aucune jalousie et pas de mauvais esprit : tous étaient contents d'avoir joué même s'ils n'ont pas gagné ( mais je n'ai pas choisi la classe au hasard non plus, ce sont de chouettes gamins). J'étais assez contente aussi parce que les deux élèves qui ont gagné ne sont pas ceux que j'aurais imaginé ; les dés n'étaient jetés d'avance et ça m'a vraiment fait plaisir ! 

    Nous avons utilisé le temps restant pour revoir ensemble toutes les figures de style et les commenter. On a même eu le temps de regarder une des petites vidéos bonus que l'on débloque en finissant le jeu. Chouette séance de fin d'année ! :) 

    Les vainqueurs étaient vraiment ravis de leur petit carnet et ont promis de l'utiliser l'année prochaine. Une petite séance de dédicaces a clôturé ce chouette moment ! ( lien vers les petits carnets ici) 


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  • Cette année a été éprouvante pour tout le monde et j'avais envie d'une activité de clôture bienveillante et positive, à l'instar des petits stickers que j'avais créés en décembre pour clôturer l'année 2020. 

    Et comme juin c'est aussi le moment des révisions ( moment un peu masochiste durant lequel on se rend compte que nos chers petits élèves ont oublié beaucoup de choses vues durant l'année ^^), j'ai créé les révisions bienveillantes ! 

    C'est quoi des révisions bienveillantes ? 

    L'exercice est tout bête : il s'agit d'écrire des phrases en suivant des contraintes grammaticales. 

    Le petit plus c'est que chaque phrase est destinée à un camarade. Ce doit être quelque chose de gentil, pas hypocrite mais simplement humain et respectueux. J'ai bien insisté sur le fait qu'il n'était pas demandé de mentir : si on n'apprécie pas particulièrement le camarade auquel on doit écrire, on peut tout simplement lui souhaiter de bonnes vacances, un bon repos. Lorsque j'ai expliqué les règles, une élève a dit " On n'est pas obligé de dire 'je t'aime' mais au moins 'je te respecte'". J'ai beaucoup aimé son intervention. 

    Dans la pratique comment ça se passe ? 

    - La disposition des élèves

    On peut garder la disposition de classe habituelle mais moi j'ai choisi de faire un grand rond . Le matin on a poussé les tables et les chaises mais l'après-midi nous étions dehors, à l'ombre et au frais. Certains élèves étaient par terre, d'autres sur des chaises, chacun a fait comme il a voulu. 

    Nous avons réussi à écrire une vingtaine de phrases en une heure. On peut imaginer deux groupes si on a beaucoup d'élèves. 

    - L'explication de ma démarche 

    J'ai fait cette séance avec la 4e dont je suis PP dont le conseil était le soir-même et une classe de 3e que j'aime beaucoup. Je voulais faire cette séance avant que chacun ne s'échappe ( sans dire au revoir parfois :( ). 

    J'avais fait un petit genially pour guider tout ça. 

    Enseignants : Les révisions bienveillantes pour se dire au revoir tout en douceur !

     

    Le petit speech de départ a suscité des "ooooh c'est trop mignon" :  "L'été approche ! Cette année vous avez appris beaucoup et pas que grâce à vos professeurs ! Vos camarades aussi vous ont beaucoup apporté, par leur simple présence. Amis ou pas, les autres sont une richesse pour grandir ! Il est temps de se dire "au revoir et merci". C'est le moment aussi de réviser et de faire le point sur les acquis ! Nous allons donc écrire des phrases à contraintes pour refaire le tour des notions vues cette année ! C'est parti pour des révisions bienveillantes !"

    - L'organisation de la séance

    Chaque élève reçoit une feuille blanche ou de couleur sur laquelle il écrit son nom en gros ( mais pas trop non plus) . Les élèves peuvent faire une belle calligraphie et décorer mais il faut que cela aille vite. Sinon on n'a pas le temps d'écrire ! 

    Ensuite on fait passer la feuille à droite. 

    Je donne la première consigne d'écriture : il s'agit d'écrire une phrase non verbale. Cette phrase doit être destinée à l'élève dont on a reçu la feuille. Ce doit être une phrase bienveillante. On peut choisir de signer son petit mot ou pas. Il n'y a aucune obligation. On peut écrire en diagonale, en couleurs, comme on veut tant que c'est lisible ! 

    Lorsque je donne la consigne, un élève doit rapidement redonner la définition de la phrase non verbale.

    Quand je donne le signal, chacun fait passer la feuille à sa droite. 

    Et c'est parti pour la deuxième consigne ! ( j'ai balayé toutes les notions vues sur la phrase, les temps simples et composés et quelques figures de style. Pour les troisième il y avait aussi des subordonnées . Par exemple " Ecrire une proposition subordonnée conjonctive complétive dont la proposition principale est "j'espère"). 

    A la fin de la séance, chacun a écrit sur la feuille de tous ses camarades. Ca fait un beau souvenir à garder précieusement ! 

    Il y a eu un petit moment lecture et ils pouvaient aussi rajouter des choses sur les feuilles de leurs copains ( sans avoir à respecter de contraintes!)

    Retour d'expérience

    Les élèves ont adoré cette séance ! Ils étaient vraiment heureux de pouvoir écrire des petits mots à leurs camarades. Ils étaient très émus à la fin en récupérant leur propre feuille. C'était très émouvant, un beau moment de partage. Beaucoup m'ont remerciée. 

    Au départ les élèves sont un peu destabilisés, ils cherchent leurs idées. ils font un peu de bruit et regardent ce que fait le voisin pour trouver des idées. Mais au bout de quelques minutes, ils sont pris par l'exercice et ça roule. 

    Les élèves ont vraiment joué le jeu des contraintes grammaticales. Je pense qu'elles n'étaient pas toujours bien respectées, parfois ils se sont corrigés entre eux mais ce n'est pas très grave. Ils ont ré-entendu les termes et les définitions, c'est déjà ça de pris ! L'aspect grammatical était plus un prétexte qu'autre chose bien sûr ! 

    Je n'ai pas résisté au plaisir d'écrire aussi. Je suis toujours frustrée dans les bulletins car on ne peut pas toujours tout dire. J'étais heureuse de pouvoir être un peu plus familière et amicale dans mes petits mots. Les élèves étaient aussi très heureux de pouvoir m'écrire. Je suis ressortie avec une belle feuille pleine de mots doux et le sourire jusqu'aux oreilles :) 

    Voici le genially support si ça peut vous donner des idées ! Il n'est pas forcément indispensable d'avoir un support , l'improvisation ça marche bien aussi ! C'est ce que j'ai fait quand nous avons fait cours dehors ! On peut aussi laisser les élèves faire des propositions ! A vous de voir ! 

     

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  • LA FENÊTRE D’EN FACE, Henri Gougaud

    Avant que le vent ne la froisse, avant que la pluie ne l’aveugle, peut-être trouvera-ton cette lettre que je lancerai par la fenêtre, comme un oiseau délivré, une fois dite mon aventure. Je ne me fais pas d’illusions : je sais qu’elle est incroyable. Je suppose même, quand elle sera connue, que l’on pourra douter de mon existence palpable. Or, à l’honnête homme dont la raison ébranlée exigera des preuves, je veux dire ceci : si vous ne craignez pas les certitudes vertigineuses, montez au septième étage, numéro huit, rue Paradis et poussez la porte. Je vous attends. Mais d’abord, écoutez : J’habitais l’immeuble en face il y a un an, un jour, un siècle, je ne sais. Je me souviens qu’une nuit d’été caniculaire, rêvant, avant d’aller dormir, sur le balcon de ma chambre dans la brise délicieuse, je remarquai de l’autre côté de la rue une fenêtre ouverte sur une pièce chaudement éclairée. J’en fus surpris : d’ordinaire, derrière ces murs, n’apparaissaient entre deux rideaux mal joints que des recoins d’appartements fatigués, de salles à manger désuètes, de cuisines étroites où s’affairaient mollement des femmes sans grâce. Or, sur la façade grise, la demeure entrevue était d’une étrange et sournoise richesse. Une bibliothèque vitrée et des tableaux apparemment anciens couvraient les murs. Sous le plafond orné de moulures extravagantes une haute lampe de bronze au chapeau de tissu brun posée sur un vaste et vieux bureau encombré d’objets hétéroclites illuminait le crâne d’un vieillard qui semblait écrire furieusement, entre deux remparts de livres entassés. Je me pris, je crois, à envier ce vieil érudit dans son repaire feutré. Quand il leva la tête et me regarda l’œil perçant par-dessus ses lunettes cerclées de fer, je lui souris. Un instant plus tard, craignant d’être indiscret, je tirai les rideaux et me couchai. Je fis un cauchemar au cours duquel l’étrange bonhomme aperçu jouait un rôle assez sinistre. Le lendemain matin, j’épiai à nouveau la même fenêtre, de l’autre côté de la rue. Elle était fermée. Je n’attendis pas longtemps. Une vieille femme au visage bouffi l’ouvrit bientôt toute grande. Alors un malaise bref m’assaillit et je sentis mon cœur trébucher soudain. La pièce baignée de soleil n’était pas celle que j’avais vue, découpée dans la nuit, sous la lumière franche de la lampe. Ce n’était maintenant qu’une chambre étroite aux murs délavés, succinctement meublée d’une chaise et d’un lit défait. Dans un coin, derrière un paravent de papier peint criard, on devinait un lavabo. Rien d’autre. J’examinai la façade. Deux fenêtres étaient immédiatement visibles de mon balcon. L’une éclairait une cage d’escalier, l’autre était forcément celle que j’avais observée. Une erreur était improbable. Alors je décidai que j’avais été victime de quelque hallucination, ce qui me mit pour la journée de fort mauvaise humeur. Heureusement, un travail urgent m’obligea à reléguer le malaise dans les recoins les plus lointains de mon esprit. Mais la nuit revenue, à l’instant d’aller dormir, je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil de l’autre côté de la rue. Je n’aurais jamais dû. Sur le mur d’en face, dans son repaire richement meublé d’objets curieux et de livres aux reliures fauves, près de sa lampe de bronze allumée, le vieil homme était assis. Il n’écrivait pas. Les bras croisés sur la table, il semblait m’attendre. Dès que j’apparus sur mon balcon, il me fit un signe. Etrangement, je ne fus pas surpris. Je le saluai. Alors dans la nuit paisible, j’entendis son rire de crécelle et sa voix cordiale m’interpeller : – Venez, venez donc ! Au septième, la porte en face. Je n’hésitai pas un instant à accepter l’invitation. Quoique je ne me souvienne pas avoir quitté mon appartement et gravi l’escalier de son immeuble, je le fis sans prendre le temps de m’habiller décemment et me retrouvai, vêtu de ma seule robe de chambre, devant sa porte entrouverte, où sa voix un peu chevrotante m’accueillit : – Entrez, entrez, mon bon monsieur. Vous êtes le bienvenu ! J’obéis. Un parfum de grenier bizarrement attendrissant m’envahit, comme si je pénétrais dans la mémoire paisible d’une très vieille maison, hors des tempêtes du monde. L’homme, appuyé à son bureau, me regarda venir à lui et me tendit une main chaleureuse. Il était petit, voûté, infiniment plus vieux que je ne l’imaginais, mais tout à fait vigoureux et souriant. Un peu honteux de mon accoutrement sommaire, je bredouillai quelques excuses auxquelles il n’accorda pas la moindre attention. Il me fit asseoir dans un vaste fauteuil et me dit, l’air prodigieusement intéressé : – Votre balcon est un point d’observation remarquable, mon bon monsieur. Peut- être ma question vous paraîtra-t-elle saugrenue, mais dites-moi, avez-vous déjà vu la fenêtre de cette pièce ouverte en plein jour ? Je ne pus que lui faire part de ma curieuse hallucination, et de ma perplexité. L’homme m’écouta avec une extrême émotion et poursuivit à voix fiévreuse : – Vous n’avez été victime d’aucune illusion. Savez-vous ce qui m’arrive chaque fois que l’aube paraît ? Je m’endors. Et je m’éveille au crépuscule, devant mes livres. Etrange, n’est-ce pas ? Bientôt vous connaîtrez cela, Dieu merci, vous connaîtrez cela. Il y a un an, un siècle, je ne sais, j’habitais votre appartement. Un jour je fis la même observation que vous : la chambre de bonne le matin, la bibliothèque le soir. Inutile de vous expliquer ce que j’ai ressenti, et ce que j’ai fait, puisque vous avez suivi le même chemin que moi. Mon prédécesseur en ces lieux était un vieil acariâtre qui m’abandonna sans un mot de réconfort. Je ne serai pas aussi cruel, mon bon monsieur. Au fait, est-ce toujours la même soubrette assez jolie qui ouvre cette fenêtre tous les matins ? Je pris le vieillard pour un mystificateur. Il s’en aperçut. Alors, posément, il me dit ceci : – A l’aube, je serai parti, je ne sais pour quelle destination. Vous me remplacerez. Telle est la loi qui sévit ici. Ne perdez pas de temps à tenter de vous évader. Chaque fois que vous essaierez d’ouvrir la porte, vous vous endormirez infailliblement. Toutes les nuits vous devez recopier les livres qui encombrent ces murs sur des feuilles de papier constamment renouvelées, par je ne sais qui. Vous les trouverez tous les soirs sur votre bureau, à la place de votre travail de la veille, qui aura disparu. Je sais, c’est absurde. D’autant que ces ouvrages sont dénués d’intérêt. Ce sont des dictionnaires. Le vieillard dans son fauteuil se laissa submerger par une profonde rêverie. – J’ai beaucoup réfléchi, dit-il, au sort qui nous est fait. A mon avis, cette pièce est un lieu de communication entre deux mondes. Une sorte de guichet, si vous voulez. Oui, je crois que pour les vivants d’un autre espace nous jouons le modeste rôle de fonctionnaires informateurs. Il doit y en avoir d’autres, des milliers d’autres, un peu partout. Je me levai, décidé à prendre la fuite. Je ne me souviens pas avoir atteint la porte. Je me réveillai assis devant le vieux bureau. J’entendis une voix étrangère, dans mon dos, qui disait : – Vous avez intérêt à travailler ferme. Chaque fois que vous serez tenté de faire la grève, vous serez pris d’une insupportable migraine. Bonsoir monsieur. Je me retournai. J’étais seul. Je n’ai jamais cessé depuis de l’être, et de travailler. Mon appartement, de l’autre côté de la rue, est maintenant occupé par un couple de jeunes gens qui se soucie peu de regarder par la fenêtre. Si vous ne pouvez croire à mon histoire, si vous doutez de mon existence palpable, si vous voulez des preuves enfin, je ne peux mieux dire : montez au septième étage, numéro huit, rue Paradis, et poussez la porte. Je vous attends.

     


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  • NOCTURNE

    Je m’appelle Julius Canahan et je désire que mon nom bientôt s’efface avec ma vie. Désormais je me sens en ce monde comme un vieux corbeau englué, piégé, trop fatigué pour espérer une quelconque délivrance. Ce monde, pourtant, Dieu m’est témoin que j’ai tenté de le comprendre. J’ai aimé les hommes, ces animaux étranges, mes semblables. J’ai passionnément étudié leurs gestes, leurs comportements, leurs manières d’être : je suis ethnologue — ou plutôt, je le fus. Car aujourd’hui j’abandonne l’étude comme un soldat trop durement blessé abandonne le champ de bataille. Je ne veux plus rien savoir. Vous comprendrez peut-être pourquoi, au terme de ma douloureuse histoire.

    Il y a quelques années, feuilletant avec délectation un bel ouvrage de mythologie populaire que venait de m’offrir ma femme, je découvris un conte arabe dont le charme serein me ravit. Ce conte disait à peu près ceci : un jour, un pauvre paysan d’Ispahan, accablé de fatigue et de chaleur, s’assit dans son jardin à l’ombre d’un figuier, contempla un instant sa vieille maison couleur de terre ensoleillée, se laissa bercer par un chant de source et s’endormit.

    Alors, un rêve étrange le visita. Il fut tout à coup transporté dans une ville inconnue, magnifique et populeuse. Errant par les ruelles il parvint au bord d’un vaste fleuve que traversait un pont de pierre. Contre le parapet de ce pont il aperçut une borne, et près de cette borne, dans une niche dissimulée par une touffe d’herbe, il vit un immense trésor. Alors, sans trop savoir comment, il sut qu’il était dans la grande cité du Caire, en Egypte, et son rêve s’effaça. Or, cet homme simple croyait à la clairvoyante magie des songes. À peine éveillé, il ferma donc sa porte à double tour et s’en fut pour la lointaine ville aux mille minarets. Il y parvint après des semaines de marche aventureuse et la découvrit telle qu’il l’avait vue dans son sommeil. Mais sur le pont, près de la borne, à la place du trésor si clairement rêvé, il ne vit qu’un vieil homme misérable qui lui tendit une main tremblante, espérant un croûton de pain.

    Alors, désespéré, à bout de forces et de ressources, il voulut se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint durement, lui demandant pourquoi il désirait mourir, par un si beau temps. Le rêveur déçu lui conta sa malheureuse aventure. « Tu es un insensé, répliqua son compagnon. J’ai moi-même cent fois rêvé que je me trouvais à Ispahan, devant une maison couleur de terre ensoleillée à la façade ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Près de cette maison poussait un figuier et, creusant sous ce figuier, je découvrais un grand sac de pièces d’or. Mais je ne crois pas aux songes clairvoyants, et je n’ai pas quitté ma tanière. Tu aurais dû faire comme moi. » Ces mots illuminèrent l’œil du pauvre paysan qui reconnut, à la description faite, sa maison, et son figuier. Il revint aussitôt à Ispahan, creusa sous l’arbre désigné et trouva la fortune promise, dont il jouit en paix jusqu’à la fin de ses jours. Ainsi finit la légende. Je la pris d’abord pour une belle et sage parabole : toute richesse est en soi, il est vain de la chercher ailleurs, telle était, me semblait-il, sa simple morale. Puis je découvris que ce conte apparemment inoffensif était universel : partout dans le monde il fut autrefois exactement dit, son décor seul étant différemment colorié, selon les pays et les climats. Cela m’intrigua, je ne sais pourquoi.

    Enfin le jour vint où moi, Julius Canahan, je fis le songe du paysan d’Ispahan. Je me trouvais à Vérone, en Italie. Au bout d’une ruelle pavée bordée d’arcades de pierre blonde je parvenais sur une petite place paisible et somnolente. Un platane vénérable était planté en son milieu. Dans son ombre vaste trouée de rais de lumière, près de la boutique d’un coiffeur, je découvrais une haute façade étroite et rose. Au pied de cette façade m’attendait un sac de voyage en cuir noir plein à ras bord de billets de banque neufs, soigneusement empilés.

    A peine éveillé je racontai ce rêve à ma femme. Il nous fut un sujet de plaisanterie. Le charme subtil du conte m’avait décidément enivré. Ma chère Aurélia me contempla avec un émerveillement tendrement ironique, quant à moi je ne parvins pas tout à fait à considérer mon voyage nocturne avec le détachement amusé qui eût certainement convenu. Ce rêve était de ceux qui s’imposent avec une étrange puissance, bien au-delà du sommeil. Et puis je n’étais jamais réellement allé à Vérone. Comment pouvais-je en avoir une image aussi précise ? Quand, le lendemain, je m’éveillai à nouveau habité par le même songe exactement répété, Aurélia ne pensa plus à sourire. Elle sut aussitôt, considérant mon œil vague et mon front barré de rides, que j’avais décidé de partir, toutes affaires cessantes, pour Vérone. Je devais absolument visiter cette ville blonde et grise déjà trop familière, ne serait-ce que pour vérifier l’exactitude de ma vision.En fait, l’aurais-je voulu, il m’était impossible de ne pas suivre jusqu’à son terme le chemin de la légende.

    Je partis donc. Je découvris Vérone — est-il nécessaire de le préciser ? — telle que je l’avais vue en songe. Moi qui me perds toujours dans les villes inconnues je trouvai sans faute la ruelle pavée bordée d’arcades et la petite place somnolente, et la haute maison rose, près de la boutique du coiffeur. Là, à l’ombre étroite de la façade, une vieille femme tricotait tranquillement, assise sur une chaise basse. Dans un italien approximatif qui l’amusa beaucoup, je lui racontai mon rêve, et elle me conta le sien, avec une application touchante. Elle décrivit très exactement mon appartement, puis j’appris qu’un homme viendrait bientôt frapper à ma porte et déposer à mes pieds une confortable fortune. « Dans mon rêve, précisa-t-elle, il était tout souriant, tout gris, tout pâle. Mais quelle importance ? Tout cela, c’est du tissu dont on fait le vent. » Je la remerciai et m’en fus d’un pas serein. J’aurais dû être bouleversé. Je ne fus même pas surpris. À vrai dire, je n’aurais pas été plus insouciant si l’on m’avait gavé de pilules euphorisantes. Le soir même je pris le train pour Paris.

    Le lendemain en fin de matinée, j’étais de retour chez moi. C’est alors que je faillis mourir de douleur et d’effroi. L’appartement était de fond en comble ravagé. Sur le plancher de la chambre ma femme gisait, morte, enveloppée dans un drap sanglant. Des cambrioleurs nocturnes l’avaient assassinée. Des jours abominables qui suivirent je ne dirai rien, pardonnez-moi. Aurélia serait encore vivante si je n’étais pas allé à Vérone. Et je n’aurais jamais connu cet homme souriant, gris et pâle, qui m’apporta, dans un sac de voyage en cuir noir, le montant de l’assurance-vie que ma chère compagne avait contractée, dans sa jeunesse — une confortable fortune dont je n’ai que faire, errant désormais en ce monde comme au fond d’un labyrinthe, sous le soleil noir des souvenirs invivables.

    Henri Gougaud, Départements et territoires d’outre-mort, Nouvelles, Editions du Seuil, 1991


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